Amicale des Pêcheurs de l'Etang de Cessy
 

Étude de l’écrevisse américaine Orconectes limosus (Rafinesque, 1817) dans  l’étang de Cessy,

Pays de Gex, 01170 (France)

I. Objectifs, l’étang, les techniques utilisées et quelques observations initiales

 

David Baldry

Amicale des pêcheurs de l’étang de Cessy

315, rue des Marguerons, 01170 Cessy (France)

 

Summary

Since its detection in Cessy pond (eastern France, close to Geneva) in 2001, the spiny-cheek crayfish, Orconectes limosus (O. l.), has become well established; to the extent that in 2005 the Cessy Angling Club (APEC) decided that studies should be conducted to determine whether or not it would have negative impacts on the aquatic fauna and flora of the pond. In this first part of a three-part contribution, the author describes different aspects of Cessy pond, the study techniques employed and the results of some of the studies conducted between April and December 2006.

            The most noteworthy findings were the following : there was a linear correlation between carapace length and total length for both males and females; at certain times of the year, significant numbers of female were attracted to baited traps; the largest individuals observed were a male of CL 50 mm and a female of CL 55 mm; activity was sometimes markedly diurnal, while at other times it was distinctly nocturnal; feeding habits were typical of omnivorous foragers/scavengers, but some individuals were observed to have predatory tendencies; the pond appeared to constitute an acceptable environment for O. l. to colonize.

            It is tentatively concluded that O. l. is a versatile species that has had no difficulty in adapting itself to the conditions found in the Cessy pond. It appears that, at its current population density, O. l. has not had any negative impact on the flora and fauna of the pond.

 

Introduction et objectifs

En octobre 2001, de nombreuses écrevisses juvéniles ont été trouvées dans des plantes aquatiques ramassées dans l’étang de Cessy par des membres de l’Amicale des pêcheurs de l’étang de Cessy (APEC) (W. Coosemans, comm. perso., 2006). En 2003, des pêcheurs de l’APEC ont attrapé de plus gros spécimens : en utilisant les descriptions taxonomiques de Gledhill et al. (1993), on les a identifiées comme étant l’écrevisse américaine Orconectes limosus (Rafinesque, 1817), de la famille des cambaridés. Il s’agit là d’une espèce omnivore, invasive, qui s’adapte bien à son milieu et qui peut nuire à l’environnement aquatique. En 2003, il semblait peu probable que cette écrevisse puisse menacer l’étang de Cessy.

Or, quatre ans après, on a remarqué une augmentation significative de la densité d’O. limosus. De plus, en octobre 2005, on a trouvé une deuxième espèce d’écrevisse : l’écrevisse «signal», Pacifastacus leniusculus (Dana, 1852) (D. Holdich, comm. perso., 2006). Prenant en considération que O. limosus et         P. leniusculus sont des espèces susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques en raison de ses impacts négatifs sur les milieux aquatiques, il a semblé important pour l’APEC d’entreprendre des recherches sur les populations locales de ces deux espèces.  C’est dans cette optique que les premières études ont débutées en avril 2006, dans le but d’éclaircir la répartition géographique et la dynamique biologique        d’O. limosus et de P. leniusculus, de tenter d’évaluer leur impact sur l’étang et de communiquer les conclusions de ces enquêtes aux autres chercheurs européens. Nous avons en effet estimé que les renseignements recueillis à Cessy pourraient compléter les données rassemblées dans plusieurs pays d’Europe où des populations d’espèces d’écrevisses invasives et adaptatives étaient établies ou en cours d’établissement.

Lors de l’étude qui est ici relatée – le gros de l’enquête a eu lieu en 2006 –, nous avons pu avoir accès à d’importantes publications rédigées par Souty-Grosset et al. (2006), Neveu (2006) et Holdich & Black (2007) traitant d’espèces d’écrevisses allochtones en Europe. En utilisant ces textes et grâce à des contacts personnels avec l’un des auteurs (D. Holdich), nous avons pu orienter notre étude à Cessy et interpréter les résultats.

            Précisons que le spécimen de P. leniusculus trouvé en octobre 2005 a été le seul rencontré dans l’étang. Par conséquent, le texte qui suit ne porte que sur O. limosus.

 

Figure 1. Carte indiquant l’emplacement de l’étang de Cessy et les principales caractéristiques de la végétation des environs. Les zones non ombrées sont des pâturages laitiers et des champs cultivés.

 

 

Figure 2. Carte générale de l’étang de Cessy. Abréviations utilisées : pp – pont en pierre;  ph – poste handi-pêche;  pa – pont métallique (passerelle); ro – roselière; be – berge empierrée; m – marais; O1, N2, E, etc. – secteurs de la berge.

 

L’étang de Cessy

            Situation géographique

La commune et le village de Cessy se trouvent dans le Pays de Gex, département de l’Ain. L’étang de Cessy est situé à 46° 18’ 50 de latitude N et à 6° 05’ 45 de longitude E, à environ 2 km au sud-est du centre du village et à près de 50 km au nord de Meyrin (canton de Genève).  Entre les crêtes de la chaîne jurassienne et les rives du lac Léman, l’altitude passe de 1688 m à l’ouest (au Colomby de Gex), à environ 500 m à l’étang et à environ 377 m à l’est (à Coppet, dans le canton de Vaud).

Du point de vue hydrographique, l’étang fait partie du ruisseau du Marais, un affluent de l’Oudar, principal affluent occidental de la Versoix, rivière qui se jette dans le lac Léman à Versoix (canton de Vaud).

            Création et gestion de l’étang  

Le terrain attribué à la création de l’étang est situé à la limite des communes de Versonnex et de Sauverny ; il est composé d’une mosaïque de bois de feuillus, de forêt sèche, de marais, de pâturages laitiers et de champs cultivés (Figure 1). De plus, une partie de ce territoire avait servi de décharge municipale, et des dépôts sauvages de toutes natures apparaissaient ici et là. La zone amenagée depuis 1985, d’environ 12 ha, comprend un étang, une zone boisée, une zone engazonnée et un parking. Entre 1989 et 1990, l’étang proprement dit a été creusé dans le lit du ruisseau du Marais. En 1991, la municipalité de Cessy a procédé à un premier alevinage de l’étang (classé en deuxième catégorie) avec des gardons,  des rotengles, des tanches, des carpes, des brochets et des perches (W. Coosemans, comm. perso., 1995-2006).

            En 1995, la municipalité décida d’autoriser les habitants de Cessy à pêcher dans leur étang. Pour gérer cette initiative, une association est créée : l’Amicale des pêcheurs de l’étang de Cessy (APEC). Pour aider le bureau de l’APEC dans la gestion de l’étang, l’auteur a cartographié le plan d’eau, a commencé des études biologiques et a établi des inventaires des espèces floristiques et faunistiques de l’étang et des terrains avoisinants. En 2007 l’étang a obtenu le statut de plan d’eau « à vocation touristique ».

            Caractéristiques principales de l’étang

            Délimité par un pont et par une passerelle, l’étang de Cessy a une superficie d’environ 2,2 ha. Il est alimenté par un ruisseau intermittent relié à un petit marais (au sud de Tutegny) et par un fossé creusé qui sort d’une zone marécageuse à l’est de l’étang (Figure 2). Son fond est probablement plus bas que le niveau de la nappe phréatique. Bien que les apports d’eau et le niveau de l’eau varient d’un mois sur l’autre, l’apport d’eau global est toujours suffisant pour garantir le bon état de sa flore et sa faune.

En 1995, les paramètres physico-chimiques de l’eau de l’étang ont été étudiés par feu le Professeur D. Calamari, qui a conclu que « au regard de la conductivité, de l’oxygénation, de la température et du pH, l’état physico-chimique de l’eau de l’étang est bon et la production de plancton est satisfaisante » et que « l’eau est un peu eutrophique » (Baldry, 1995).

En 1997, la profondeur maximale était de 3,1 m et la profondeur moyenne de 2,8 m. Toutefois, depuis la création de l’étang, les sédiments ont augmenté (Baldry, 1998) ; on sait maintenant que jusqu’à 20 cm de sédiments se sont déposés dans certaines parties de l’étang (W. Coosemans, comm. perso., 2006).

Le niveau de l’étang est réglé par une vanne manuelle située en aval du pont. Deux grilles (modules 4 cm et 1 cm) entre le pont et la vanne empêchent la libre circulation des poissons à partir du ruisseau du Marais et vers celui-ci. Le trop-plein s’écoule par le ruisseau du Marais dans l’Oudar. Entre juillet et octobre, il y a peu de circulation d’eau – ou pas du tout – dans l’étang et le niveau de l’eau peut baisser de 40 à 50 cm.

Climat

            Sur le plan climatique, la région autour de Cessy est soumise au climat de moyenne montagne, avec une précipitation annuelle moyenne d’environ 1300 mm. Les températures mensuelles moyennes sont au-dessous de 0 °C en janvier et février, et au-dessus de 32,5 °C en juillet (W. Coosemans, comm. perso., 2006).

En hiver, on peut noter que la température de l’eau du ruisseau au nord est de 1 ° à 2 °C plus élevée que l’eau arrivant de l’est. Ces variations de température ont notamment une influence sur l’ampleur et la façon dont la surface de l’étang gèle et fond.

La flore de l’étang et de ses environs

En 1995, les inventaires des plantes aquatiques et semi-aquatiques les plus communes des rives de l’étang et des ruisseaux associés ont été terminés. Pour faciliter l’enregistrement des données réunies, les rives ont été divisées en secteurs codés (Figure 2). L’ouvrage de Mulhauser & Monnier (1995) a été utilisé pour identifier les espèces.

 Près de 40 espèces ont été identifiées (Baldry, 1996). Parmi les espèces importantes pour l’évolution de l’étang, on peut citer Iris pseudacorus, Phragmites australis, Typha latifolia, Mentha aquatica, Potamogeton natans, Ceratophyllum demersum et  Myriophyllum spicatum. Ces dernières années, P. natans et C. demersum  ont été les plantes les plus prolifiques trouvées en été et en automne.

En octobre 1996, une étude de la flore terrestre a pris fin : 20 espèces d’arbres, 5 espèces d’arbustes et 2 espèces de lianes ont été identifiées (Baldry, 1996). Les plantes riveraines les plus courantes et le plus étroitement  associées aux occupants de l’étang étaient les arbres  Alnus glutinosa, Salix fragilis et Salix appendiculata. En effet, les racines immergées de ces arbres invasifs offrent un énorme nombre de refuges fort variés pour les invertébrés et les petits poissons.

La faune de l’étang : les poissons

L’étang est peuplé largement en poissons blancs (gardons, rotengles, tanches et carpes) et en poissons « carnassiers » (brochets et perches), les espèces « nobles ». On trouve en outre deux espèces « nuisibles » : le poisson-chat Ictalurus melas, et la perche-soleil Lepomis gibbosus. Les conditions hydriques estivales (températures élevées et faibles quantités d’oxygène) font que l’étang ne permet pas la survie des salmonidés.

La faune de l’étang : les invertébrés

            On trouve dans l’étang et ses affluents une variété énorme d’invertébrés. La liste ci-dessous est  un résumé des listes établies par Baldry (2000) :

    • Macro-invertébrés (crustacés et insectes non compris): cnidaires ; hydrozoaires; platyhelminthes;

      némathelminthes; annélides (oligochètes et achètes); mollusques (gastéropodes et bivalves); arachnides.

    • Crustacés (« entomostracés »): cladocères; maxillopodes; ostracodes; branchioures; isopodes et  

      amphipodes.

    • Insectes exoptérygotes: ordres des éphémères, des odonates et des plécoptères.

    • Insectes endoptérygotes: ordres des mégaloptères, des trichoptères, des hétéroptères, des coléoptères et

      des diptères.

L’ouvrage de Tachet et al. (2000) a servi pour confirmer certaines de ces identifications.

 

Techniques d’échantillonnages des écrevisses

            En avril 2006, avec l’aide d’un étudiant en sciences de l’environnement, des expériences ont eu lieu pour évaluer les avantages des différentes techniques de pêche qui se prêteraient à un échantillonnage systématique  des écrevisses de l’étang.

            Techniques manuelles avec balances et épuisettes

            Des balances aux écrevisses appâtées avec du maquereau frais ont permis de prendre quelques         O. limosus (surtout des mâles); mais cette technique a été considérée comme inappropriée, surtout parce qu’elle exigeait trop de manipulations et qu’il était souvent difficile de sortir les écrevisses emmêlées dans le filet.

Nous avons pu attraper un plus grand nombre d’O. limosus (surtout des mâles) du fond de l’étang avec des épuisettes d’aquariophile de tailles différentes, attachées à un manche en aluminium long d’environ 3 mètres, que nous utilisions dans des profondeurs allant jusqu’à 2 mètres. Cette technique, toutefois, exigeait trop de main-d’œuvre d’un part et, pour être efficace, devait respecter certaines conditions critiques d’autre part. Tout d’abord, du point de vue humain, celui qui maniait l’épuisette devait être agile, faire preuve d’une grande dextérité brachiale et manuelle et avoir une bonne acuité visuelle. Ensuite, du point de vue lacustre, l’eau devait être très transparente, sa surface calme  et l’intensité lumineuse devait être suffisante pour bien éclairer le fond de l’étang.

            La conclusion a été que l’épuisette, si elle convenait pour la pêche aux écrevisses sous certaines conditions, ne se prêtait pas à l’échantillonnage systématique.

            Utilisation de nasses appâtées

            A la fin du mois d’avril 2006, des essais ont eu lieu avec des nasses amorcées. Rien ne fut pris avec une nasse à vairons (17,5 x 17,5 x 30 cm; maille de 4 mm), pas même un poisson-chat.

            La nasse à poissons-chats, cylindrique et pliante, modèle “Ron Thompson” de l’entreprise Roumaillac, a permis de prendre O. limosus, mais était  bien plus efficace pour attraper des poissons-chats et d’autres espèces de poisson. C’est ainsi que certaines nuits, une nasse avait pris tant de poissons-chats  que les rares O. limosus piégées étaient très endommagées ! Or ce type de nasse était le seul disponible en mai 2006.

            En juin 2006, un deuxième type de nasse a été utilisé : la nasse biconique aux écrevisses en plastique dur (modèle Scandinave)  recommandée par l’Association des astaciculteurs de France (AAF). Dès le début, la nasse AAF  s’est révélée être l’outil le plus efficace pour prendre O. limosus, surtout parce qu’elle ne plaisait pas au poisson-chat. En général, deux ou trois de ces nasses ont été posées le matin et vidées le lendemain à peu près à la même heure. Toutefois, nous avons continué d’utiliser au moins une nasse à poissons-chats pour surveiller la population ichthyologique.

            Diverses amorces ont été employées à l’intérieur de chaque nasse, par exemple du poisson frais, fumé et grillé, du poulet et des viandes rouges (ce qui exige une conservation au réfrigérateur), des croquettes pour chiens de formes, tailles et compositions diverses (dans l’eau,  elles restent intactes quelques jours), et des bouillettes à la fraise (d’un diamètre de 18 mm) que l’on utilise pour la pêche aux carpes.

Bien que les croquettes en rondelles (d’un diamètre de 20 mm) soient utilisées par les pêcheurs aux alentours de Courçon, en Charente-Maritime (Coutenceau, 2006), elles n’ont pas été très efficaces à Cessy.

            Depuis le début de notre étude des écrevisses de l’étang de Cessy, un problème récurrent a été le vandalisme des nasses. Parfois, les nasses étaient sorties de l’eau, vidées de leur contenu et remises à l’eau ouvertes. Dans d’autres cas, elles étaient remises à l’eau loin de leur site d’origine. On en a retrouvé sur les berges de l’étang; parfois même, des nasses ont été volées. Aujourd’hui, des mesures spéciales sont prises pour cacher la position des nasses et de leur dispositif d’ancrage, mais cela n’est pas toujours efficace. Malgré ces problèmes, à la fin de 2006, 735 O. limosus ont été attrapées et examinées.

 

Surveillance de la température de l’eau

            La température de l’eau a été relevée le matin, à côté des positions des nasses, à une profondeur d’environ 1 à 1,25 m, utilisant un thermomètre à mercure « max.-  min. », lesté avec du plomb et attaché à une corde d’une longueur de 5,5 m. Le thermomètre est resté dans l’eau pour au moins 10 minutes.

 

Examen extérieur des écrevisses capturées

            Distinguer les sexes

            L’identification sexuelle des écrevisses capturées reposait sur la présence des appendices copulateurs chez le mâle et sur un annulus ventralis à la limite de l’abdomen et du céphalothorax chez la femelle.

 

Figure 3. Rapport entre la longueur de la carapace (LC) et la longueur totale (LT) d’O. limosus pris dans l’étang de Cessy en octobre et novembre 2006  (n = 262). Les valeurs linéaires ont été de y = 2,0285x + 3,3162 pour les femelles, et de y = 1,9878x + 4,0351 pour les mâles.

 

            Examens biométriques

            A l’origine, la seule mesure linéaire effectuée sur O. limosus était la longueur totale (LT). Toutefois, lorsque l’auteur a appris que la longueur de la carapace (LC) était un paramètre plus précis que la LT          (D. Holdich, comm. perso., 2006), les deux paramètres ont été consignés de façon systématique. Un des avantages de cette méthode est qu’on pouvait ainsi montrer une corrélation linéaire précise LC/LT qui, comme on le voit à la Figure 3, était presque la même pour les deux sexes. Ce renseignement a permis de faire une conversion approximative des LT en LC pour les bestioles dont on avait seulement mesuré la LT.  Dans l’ensemble, les données homogènes de la LC ont pu être analysées au moyen du système de classement mis au point par Holdich et al. (2006) dans lequel les valeurs de la LC ont été réparties en treize catégories de 5,0 mm (les CLC), comme suit : 1: 4,0 – 8,9 ;  2: 9,0 – 13,9 ;  3: 14,0 – 18,9 ;  4: 19,9 – 23,9 ;  5: 24,0 – 28,9,  6: 29,0 – 33,9 ;  7: 34,0 – 38,9 ;  8: 39,0 – 43,9 ;  9: 44,0 – 48,9 ; 10: 49,0 – 53,9 ; 11: 54,0 – 58,9 ; 12: 59,0 – 63,9 ;  13: 64,0 – 68,9 mm.

            La plupart des écrevisses pêchées ont été pesées en utilisant une balance électronique.

           

Observations et discussion

            Précisons ici qu’au moment de la rédaction du présent article, nous ne connaissions pas complètement le cycle reproductif d’O. limosus de Cessy ; ce sujet fera l’objet de la troisième  partie de notre étude.

            Composition des prises d’O. limosus

On trouvera au Tableau 1 et à la Figure 4 les chiffres relatifs au nombre d’O. limosus pêchées, examinées et mesurées entre avril et décembre 2006.

            Bien que les séances de prises n’aient pas pu être normalisées mensuellement, il était néanmoins manifeste que, à l’exception du mois de juin, il y avait plus de mâles que de femelles dans les nasses. Aucune des femelles ne portait des œufs ou des juvéniles.

 

Tableau 1. Nombre d’O. limosus étudiées ; avril à décembre 2006.

 

                                        Mâles                        Femelles                             

Période                    Nombre        %         Nombre         %       Total         Saison           

Avril                            42           91,3                4             8,7           46                       Printemps       

Mai                                3         100,0                0             0,0             3                       Printemps       

Juin                             43           21,7            155           78,3        198                       Été      

Juillet                          10           55,5                8           44,4           18                       Été      

Août                            77           67,5             37           32,5        114                       Été      

Septembre                   20           95,3               1             4,7           21                       Automne        

Octobre                       96           77,4              28           22,6        124                       Automne        

Novembre                   99           71,7             39           28,3        138                       Automne        

Décembre                   62           84,9              11           15,1           73                       Hiver  

Total :                                     52           ­61,5            283           38,5        735 

 

            Observations biométriques

            La plus petite femelle examinée a été capturée le 10 octobre : elle mesurait 26 mm de LC, 56 mm de LT et pesait 4,5 g (CLC 5). Le plus petit mâle, pris le 12 novembre, mesurait  23 mm de LC, 46 mm de LT et pesait 2,8 g (CLC 4). On assume qu’ils étaient tous les deux nés au début de 2006 (à la fin de printemps ou au début de l’été).

Les plus gros spécimens ont été piégés en novembre : une femelle le 1er novembre, LC de 55 mm (CLC 11),  LT de 112 mm et 40,5 g ; un mâle de 50 mm de LC (CLC 10), 102 mm de LT et d’un poids de 32,5 g capturé le 26 novembre.

C’est en novembre que la fourchette des tailles était la plus grande (CLC de 4 à 11). En août/septembre, en octobre et en décembre, les valeurs de CLC allaient de 5 à 10;  en avril/mai et en juin/juillet, elles n’étaient que de 6 à 10.

            Dans l’ensemble, la CLC 8 représentait le nombre maximal de mâles (186) et de femelles (121), soit un total de 307 individus, représentant près de 42 % de la prise totale. Vient ensuite la CLC 9, avec 131 mâles et 75 femelles, c’est-à-dire un total de 206 écrevisses, soit 28 % de la prise totale.

Figure 4. Nombre d’O. limosus pris dans l’étang de Cessy entre  avril et décembre 2006 (n = 735) classées par catégories de longueur de la carapace (CLC).

 

            Les tailles d’écrevisses relevées à Cessy n’étaient pas complètement comparables avec celles qui avaient été communiquées pour d’autres populations européens d’O. limosus. Dans la population de Cessy prédominaient  les individus des CLC 8 et 9 (valeurs de LC entre 30,0 et 48,9 mm), ce qui concorde avec les conclusion de Holdich & Black (2007), mais les situe au-dessus des valeurs CLC 6 et 7 considérées « habituelles » par Vigneux et al., (1993). Par contraste, le plus gros spécimen pris à Cessy (une femelle de CLC 11) était plus petit que certains individus pris dans d’autres sites européens : par exemple, CLC 11 à 13 (Vigneux et al., 1993), CLC jusqu’à 13 (Tachet et al., 2000), CLC jusqu’à 12 (Holdich & Black, 2007). Il est intéressant de noter que d’après Momot (1988, dans Holdich & Lowery, 1988), les plus grosses O. limosus trouvées  en Amérique du Nord sont  dans la CLC 10, ce qui voudrait dire que dans des conditions européennes, cette espèce peut atteindre des tailles supérieures à celles qui ont été enregistrées pour leurs « ancêtres » américains.

 

Figure 5. Rapport entre la longueur de la carapace (LC) et le poids d’O. limosus pris dans l’étang de Cessy en novembre 2006 (n = 137).

 

            Du 18 août au 30 décembre, toutes les écrevisses capturées ont été pesées. Etant donné que c’est en novembre que nous avons eu les données les plus complètes concernant la longueur de la carapace d’O. limosus, il convient de présenter à la Figure 5 l’analyse du poids pour ce mois.  Elle montre qu’au fur et à mesure que la longueur augmentait, les mâles prenaient plus de poids que les femelles. Il y a certes eu quelques anomalies dues principalement à des variations de la taille individuelle de l’abdomen, mais aussi peut-être à des appendices (pinces, pattes locomotrices, etc.) absents ou de faible taille.

            Les écrevisses les plus grosses examinées ont été un mâle pesant  32,5 g (LC de 50 mm; LT de 102 mm; CLC 10) et une femelle de 40,5 g (LC de 55 mm; LT de 112 mm; CLC 11), ces deux ayant comme indiqué plus haut la LC la plus longue relevée.

L’étang de Cessy en tant qu’habitat pour O. limosus

Plusieurs auteurs (par exemple, Vigneux et al., 1993, Tachet et al., 2000) estiment que l’habitat préféré d’O. limosus est celui qui offre des eaux calmes et limoneuses, à la qualité médiocre, eutrophique et ayant une forte végétation aquatique.

            Les conditions hydrologiques de l’étang de Cessy cadrent certainement avec le premier de ces critères. Pour ce qui est de la végétation aquatique, il faut préciser que chaque année, l’APEC drague certaines parties de l’étang, enlevant la végétation (surtout des cératophylles immergées et des potamots nageants) pour améliorer les conditions de pêche. L’étang continue néanmoins d’avoir une flore riche et diverse qui ne semble pas avoir été touchée par ces mesures. En 2005, lors de l’examen de l’inventaire des macrophytes de l’étang et de ses berges, on n’a  remarqué aucun changement notable depuis le premier recensement. Il y avait plus de 30 espèces de plantes sur les berges (nombre d’entre elles semi-aquatiques) et plus de 20 espèces dans l’eau (appartenant à quatre groupes d’habitat). De plus, l’étang abritait de nombreuses et diverses populations d’invertébrés qui pouvaient nourrir  des écrevisses de tous âges et de toutes tailles.

            Il semble donc que l’étang de Cessy est un habitat très approprié pour O. limosus.

Les activités diurnes et nocturnes d’O. limosus

            En juin 2006, au moyen de nasses à poissons-chats on a essayé de déterminer si l’activité              d’O. limosus était avant tout diurne ou nocturne. Cette étude a été problématique; les nasses étaient souvent dérangées ou volées et la nuit elles attrapaient souvent un grand nombre de poissons-chats. Une fois, la prise nocturne de poissons-chats a été de 11,2 kg (avec trois nasses), avec par conséquent un grand nombre d’écrevisses abîmées.

Il a donc été difficile d’interpréter les résultats de l’étude de juin. Une conclusion provisoire, toutefois, a été que si la plupart des spécimens ont été capturés pendant la journée, un grand nombre l’a parfois été la nuit. Il semble donc que O. limosus n’est pas typiquement diurne, comme le signalaient notamment Vigneux et al. (1993) et Tachet et al. (2000).  Il faut toutefois rappeler qu’au printemps de 2006, quand l’eau de l’étang était transparente, on voyait des écrevisses se déplacer au fond pendant la journée.

            A partir de juillet, avec une meilleure sécurité pour les nasses et l’emploi de nasses à écrevisses au lieu de nasses à poissons-chats, un grand nombre d’O. limosus a été attrapé. Bien que les résultats  obtenus aient varié, la seule conclusion que l’on a pu tirer est que pendant le dernier semestre de 2006, l’activité     d’O. limosus était en général plus nocturne que diurne ; cela était manifeste en août, où  les prises nocturnes étaient jusqu’à trois fois supérieures aux prises diurnes.

            Activité d’O. limosus en fonction de la température de l’eau

            Aucune diminution de l’activité d’O. limosus n’a été observée pendant les mois chauds de l’été, mais en passant de l’automne à l’hiver, l’activité a diminué au fur et à mesure que chutait la température de l’eau.  Toutefois, O. limosus continuait d’être pêchée à le fin de décembre alors que la surface de l’étang était presque totalement couverte par la glace et que l’eau était parfois à 2 °C. Dans une deuxième partie de cet article, davantage de renseignements seront donnés concernant ce sujet.

Quelques autres aspects du comportement d’O. limosus

A plusieurs occasions, quand une nasse était sortie de l’eau, le jour, une écrevisse se déplaçait sur la surface extérieure de la nasse ou cherchait à y pénétrer par un des entonnoirs d’entrée, comme cela a été observé en Angleterre par Holdich & Black (2007).

Quand on manipulait de nombreuses écrevisses, elles adoptaient une attitude défensive, s’enroulaient avec les pinces croisées et serrées, tout comme également observé par Holdich & Black (2007).

En été, quand le temps était chaud et orageux, on a souvent vu quelques spécimens sortir d’un bassin de jardin et s’en éloigner rapidement dans l’herbe. Certaines ont pu être récupérées et remises à l’eau; d’autres n’ont pas été vues immédiatement, mais les cadavres de certaines d’entre elles ont été trouvés des mois plus tard, à plus de 30 mètres du bassin. Toutefois, la rencontre la plus surprenante avec une écrevisse hors de l’eau a eu lieu le 3 novembre 2006, près de l’étang : une femelle (LC de 45 mm) se promenait dans l’herbe givrée à 2 mètres de la rive.

Le régime alimentaire d’O. limosus

            Il a souvent été dit que O. limosus, comme nombre d’autres espèces d’écrevisses, est omnivore. Quelques auteurs, dont Souty-Grosset et al. (2006), l’ont décrite comme étant omnivore et l’avoir vu manger de la végétation aquatique  et des œufs de poissons. Brönmark & Hansson (2000) estiment que nombre d’écrevisses sont en général des omnivores fourrageurs qui consomment des ressources de différents niveaux trophiques et qu’on trouve souvent se nourrissant de poissons morts.

Comme il n’a pas été possible de faire des études spécifiques du comportement alimentaire           d’O. limosus à Cessy,  nous n’avons pas pu évaluer la mesure dans laquelle elle se nourrissait de macrophytes aquatiques. Toutefois, nombre d’observations fortuites à l’étang laissent certainement penser que cette écrevisse est  un fourrageur et un charognard, mais qu’elle peut aussi être nettement prédatrice. Les exemples cités ci-dessous viennent à l’appui de cette opinion :

• Des membres de l’APEC ont parfois pris O. limosus lorsque leur hameçon était appâté avec des appâts classiques tels que  vers de terre, asticots, maïs, boulette de pâte, etc.

• Lors d’une exposition de l’APEC aux Journées de l’environnement du Pays de Gex, en juin 2004, le public a été fasciné par un aquarium où deux O. limosus ont attrapé et dévoré un poisson-chat vivant.

• De même, au début de 2006, quelques écrevisses ont été vues sur les grilles de la vanne se nourrissant de poissons-chats morts et vivants pris dans les débris retenus par les grilles.

• A plusieurs occasions en 2006, quelques nasses contenaient des spécimens d’O. limosus qui avaient attrapé des poissons-chats et les mangeaient. Par contre, cette écrevisse ne semble pas intéressée par les petites tanches, les perches, les perches-soleils et les gardons qui étaient parfois présents.

• En mars 2007, un mâle O. limosus (LC de 47 mm) a été vu dans une nasse où il tenait entre ses pinces une femelle enceinte de crapaud (Bufo bufo) dont il commençait à manger la patte droite.

            Quelques prédateurs d’O. limosus

            On dispose de très peu de renseignements sur les prédateurs d’O. limosus. En mars 2007, on a vu des harles bièvres (Mergus merganser) pêcher des écrevisses du fond de l’étang sous la passerelle et s’envoler avec leur prises (R. Cholley, comm. perso., 2007). Peu de temps après, l’auteur a vu une foulque macroule (Fulica atra) attraper une écrevisse au fond de l’étang et l’avaler, mais pas avant de l’avoir mordu à plusieurs reprises et sous différents angles (probablement pour détruire son exosquelette).

            De temps en temps, les parties dures d’O. limosus ont été trouvées dans les secteurs peu profonds de l’étang; ce sont probablement les victimes du héron cendré qui chasse en général au bord de l’étang.

Essais d’identification des types de refuges utilisés par O. limosus

            Certains chercheurs avancent que O. limosus ne creuse pas de terriers, par exemple, Tachet et al. (2000) et Neveu (2006); d’autres, comme Vigneux et al. (1993), disent que cette écrevisse n’a pas besoin de creuser des terriers parce que ses habitats préférés lui fournissent suffisamment de refuges naturels. Toutefois, dans des publications récentes de Souty-Grosset et al. (2006) et Holdich & Black (2007), on peut lire que certaines populations européennes d’O. limosus creusent en fait des terriers et que ce comportement peut détruire les rives d’étangs et de rivières. Il nous a donc paru important de surveiller les rives de l’étang de Cessy pour savoir si O. limosus creusait des terriers et, le cas échéant, s’il y avait un risque de destruction des rives.

            Cette recherche de terriers le long de l’étang a été difficile car le gros des rives descendait directement dans l’eau profonde et était fortement couvert de végétation aquatique et semi-aquatique. Aucun terrier n’a été vu, mais s’il en existait, ils étaient bien dissimulés.

            En avril et mai, quand on voyait O. limosus déambuler sur le fond de l’étang, la plupart des écrevisses ont été trouvées dans les zones d’enrochement des rives voisines, dans une maçonnerie qui soutenait le pont, la passerelle et la vanne, dans celle qui formait un promontoire sur la rive nord et dans les pierres posées en 2004 au poste « handi-pêche » et le long d’endroits sur la rive sud. C’est dans ces coins qu’on pêchait souvent des adultes avec une épuisette.

            Ces observations donnent à penser qu’O. limosus préférait les parties de l’étang où il y avait  de grosses pierres submergées,  probablement parce que les interstices entre les pierres offraient nombre de coins et recoins qui formaient des refuges acceptables. Cela n’exclut pas la possibilité que les individus trouvent aussi des refuges appropriés dans les racines submergées des arbres au bord de l’eau. Il semble donc fort probable qu’à Cessy O. limosus ne creuse pas de terriers tout simplement parce que cela n’est pas nécessaire.

 

L’impact d’O. limosus sur l’étang de Cessy

Il est bien connu que les macrophytes aquatiques peuvent représenter jusqu’à 75 % de la prise totale alimentaire des écrevisses et que lorsque des écrevisses existent en forte densité, elles peuvent avoir des effets dévastateurs sur ces plantes et sur les populations d’invertébrés qui y sont associés (Brönmark & Hansson, 2000; Petr, 2000).  Par conséquent, les membres de l’APEC ont été prévenus de l’éventuel impact négatif  qu’O. limosus pourrait en fin de compte avoir sur les populations de plantes et d’invertébrés de l’étang.

Malheureusement, les études menées en 2006 n’ont pas permis d’évaluer les effets négatifs que       O. limosus aurait pu avoir sur le biote de l’étang. Il  n’a pas non plus été possible de prévoir un effet dans les années à venir. On peut toutefois dire de façon générale qu’aucun changement négatif n’a encore été remarqué dans les populations de plantes, d’invertébrés  et de poissons.

 

L’origine de la population d’O. limosus

            Au cours de ses enquêtes à l’étang de Cessy, l’auteur a été obligé de répondre à un grand nombre de questions posées par les membres du grand public. Invariablement, les gens veulent savoir d’où vient cette écrevisse exotique et dans quelles circonstances cette espèce est arrivée dans l’étang. La réponse est : « Nous ne le savons pas et nous ne le saurons probablement jamais. » Toutefois, il y a eu et il continue d’y avoir moult discussions locales à ce propos et quelques renseignements intéressants se font jour. Ces quelques pages ne nous permettent toutefois pas d’en parler dans le présent article.

 

Conclusions provisoires

On peut donc conclure provisoirement qu’O. limosus est une espèce adaptable qui n’a eu aucune difficulté à se faire aux conditions hydrologiques et biologiques de l’étang de Cessy. Il apparaît aussi qu’à la densité de population actuelle, cette écrevisse n’a pas eu d’impact négatif sur la flore et la faune de l’étang.

            Des observations et des conclusions complémentaires  sur l’occupation de l’étang par O. limosus seront présentées dans les deuxième et troisième parties de cet article où nous traiterons de l’activité de cette espèce dans de l’eau à faible température et de son cycle de reproduction.

 

Remerciements

            L’auteur exprime sa reconnaissance à toutes les personnes qui ont partagé avec lui cet intérêt pour le bon état de l’étang de Cessy pendant plus d’une décennie et qui l’ont encouragé et appuyé dans les études biologiques qu’il a pu y mener. Il faut ici mentionner tout particulièrement  deux personnes : M. Jules Emery, maire de Cessy, qui a fait créer l’étang, qui a pris l’initiative de fonder l’APEC et qui a toujours appuyé cette association; et Williame Coosemans, président de l’APEC, pour ses précieuses contributions qui ont assuré  le succès de l’association, pour les nombreuses et utiles discussions à propos de l’étang et de ses habitants et pour l’enthousiasme avec lequel il a encouragé et appuyé mes recherches.

            Je suis spécialement redevable à David Holdich, qui a examiné quelques écrevisses de Cessy, fourni documents et renseignements sur les écrevisses, ainsi que des conseils scientifiques et techniques ; tout cela m’a beaucoup aidé à orienter et à réaliser mon étude. Pierre Laurent a aussi été un collaborateur précieux : c’est lui qui a veillé a ce que j’ai toujours eu les nasses qui ont été essentielles pour mes recherches.

Il faut aussi remercier Jérémy Martin, étudiant en sciences de l’environnement, pour son assistance technique sur le terrain (techniques d’échantillonnage des écrevisses et recherche de terriers)  au tout début de l’étude en 2006, puis à nouveau en 2007.

            Quant à l’APEC, elle a fort généreusement défrayé le coût d’une partie du matériel utilisé pour l’échantillonnage.

            Enfin, je remercie mon vieil ami Christian Stenersen qui a traduit mon article rédigé en anglais.

 

Références citées

 

- Baldry, D. (1995). Observations limnologiques sur l’étang de Cessy, septembre et octobre 1995. Premier rapport pour l’Amicale des pêcheurs de l’étang de Cessy. Doc. inédit  de l’APEC, Cessy, 11 p. et  5 annexes.

- Baldry, D. (1996). Observations et études écologiques menées dans la région du Plan d’eau, commune de Cessy, octobre 1995 à mars/avril 1996. Deuxième rapport pour l’Amicale des pêcheurs de l’étang de Cessy. Doc. inédit  de l’APEC, Cessy, 17 p. et 23 annexes.

- Baldry, D. (1998). Observations et études écologiques réalisées dans la région du Plan d’eau, commune de Cessy. La colonisation de l’étang par les plantes aquatiques : observations faites en juin 1998. Troisième rapport pour l’Amicale des pêcheurs de l’étang de Cessy. Doc. inédit  de l’APEC, Cessy, 5 p. et 1 carte.

- Baldry, D. (2000). Quelques renseignements sur l’étang de Cessy. Doc. inédit  de l’APEC, Cessy, 8 p. et  4 annexes.

- Brönmark, C. & Hansson, L.-A. (2000). The Biology of Lakes and Ponds. Oxford University Press, Oxford, 216 p.

- Coutenceau, J. (2006). Pêche à l’écrevisse rouge des marais de Lousiane (Procambarus clarkii) dans la “Venise Verte”. L’Astaciculteur de France, Bulletin  N° 89: 2–3.

- Gledhill, T., Sutcliffe, D.W. & Williams, W.D. (1993).  BRITISH FRESHWATER CRUSTACEA MALACOSTRACA: A Key with Ecological Notes. Freshwater Biological Association Scientific Publication No. 52, Ambleside, 173 p.

- Holdich, D.M. & Lowery, R.S. (Eds) (1988). Biology of freshwater crayfish: biology, management and exploitation. Croom Helm, London and Sydney, 341 – 364.

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- Holdich, D. & Black, J. (2007). The spiny-cheek crayfish, Orconectes limosus (Rafinesque, 1817) [Crustacea: Decapoda: Cambaridae], digs into the UK (2007). Aquatic Invasions  2 (1): 1-16.

- Mulhauser, B. & Monnier, G. (1995). Guide de la faune et de la flore des lacs et des étangs d’Europe. Delachaux et Niestlé S.A., Lausanne – Paris, 336 p.

- Neveu, A. (2006).  Les écrevisses étrangères sont elles invasives ? Quelles caractéristiques expliquent leur développement ? L’Astaciculteur de France, bulletin N° 86: 2–11.

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- Tachet, H., Richoux, P., Bournaud, M. & Usseglio-Polatera, P. (2000).  Invertébrés d’eau douce. CNRS Éditions, Paris, 588 p.

- Vigneux, E., Keith,P. & Noel, P. (Eds) (1993).  Atlas préliminaire des Crustacés Décapodes d’eau douce de France. Secrétariat Faune-Flore, B.I.M.M.- M.N.H.N., C.S.P., Ministère de l’Environnement., Paris, 56 p. (Patrimoines naturels, 14).